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# Déploiement en production
Cette page détaille le déploiement d'un ensemble master + noeuds en
production, au-delà du premier noeud isolé couvert par
[Installation](installation.md).
## Vue d'ensemble
Trois façons d'utiliser ce projet, du plus simple au plus complet — la
même installation de base (`sudo make install`) sert de socle aux trois :
- **Solo** : `sudo make install`, seul. Ce serveur détecte et bannit
localement, sans rien centraliser ailleurs. Suffisant pour protéger un
unique VPS. Le service de relais vers un master
(`fail2ban-emitter-master-client`) tourne quand même, mais réessaie
silencieusement en boucle tant qu'aucun master n'est configuré (aucune
gêne, `Restart=on-failure`).
- **Solo + master** : `sudo make install` **puis** `sudo make
install-master`, sur le **même** serveur. Ce VPS protège ses propres
services (comme en mode solo) et sert en plus de master, prêt à
accueillir d'autres noeuds plus tard — utile pour démarrer seul
aujourd'hui sans fermer la porte à un second serveur demain.
- **Master + noeuds** (plusieurs VPS) : un serveur en mode solo+master,
et un ou plusieurs autres serveurs, chacun installé en solo puis
rattaché à ce master via l'auto-inscription par jeton (ci-dessous). Le
master lui-même reste un noeud comme les autres (il détecte et bannit
localement en plus de centraliser la décision) — passer de "solo+master
tout seul" à "master + noeuds" ne demande donc aucune réinstallation du
master, seulement d'y ajouter des noeuds au fur et à mesure.
Ordre recommandé pour passer à plusieurs noeuds :
1. Déployer le master (une seule fois — solo+master si ce même serveur
doit aussi se protéger lui-même, ce qui est le cas courant).
2. Sur le master, émettre un jeton pour chaque nouveau noeud.
3. Sur chaque nouveau noeud, s'auto-inscrire avec ce jeton.
## Déployer le master
```sh
sudo make install-master
```
Nécessite un premier `sudo make install` déjà effectué sur cette même
machine. Provisionne :
- une **CA privée** dédiée (`scripts/master-ca-init.sh`), distincte du
certificat Let's Encrypt qui sert l'identité TLS du broker — elle ne
sert qu'à signer les certificats clients des noeuds (authentification
mTLS) ;
- le listener Mosquitto public (port 8883, TLS, `MQTT_MASTER_DOMAIN` dans
`.env`) avec ACL par noeud ;
- l'ingestion côté master (`fail2ban-emitter-master-listen`, tourne avec
sa propre identité mTLS `master-internal`, générée automatiquement).
`MQTT_MASTER_DOMAIN` doit pointer vers un domaine public réel (DNS déjà en
place) — le broker obtient son certificat Let's Encrypt à ce nom.
## Auto-inscription d'un noeud (recommandé)
### Le problème
Ajouter un noeud à la main demanderait de générer une clé + un certificat
sur le master, puis de copier ces fichiers vers le nouveau noeud (`scp`),
de les renommer correctement, et d'éditer son `.env` — plusieurs étapes
manuelles, cross-machine, et la clé privée transiterait par le réseau
(jamais une bonne pratique).
### Le modèle
Le master émet un **jeton à usage unique**, à courte durée de vie (1h par
défaut). Le nouveau noeud utilise ce jeton pour s'inscrire lui-même :
- Le noeud génère sa **propre clé privée localement** et ne l'envoie
jamais — seule une CSR (demande de signature) part vers le master.
- Le jeton n'est jamais stocké en clair côté master : seul son hash
SHA-256 est persisté (même logique qu'un hachage de mot de passe).
- Le jeton est **marqué utilisé de façon atomique** dès sa validation, et
**rendu automatiquement** si une étape suivante échoue (CSR
incohérente, échec de signature) — un accroc transitoire ne force pas
à réémettre un jeton entièrement nouveau.
- Le CN de la CSR reçue doit correspondre au nom de noeud déclaré au
moment de l'émission du jeton — un jeton volé ne permet pas de réclamer
un autre nom.
- Toute erreur renvoyée au client est **volontairement générique**
("jeton invalide ou expiré"), quelle que soit la cause réelle — le
détail (jeton inconnu, expiré, déjà utilisé, CN incohérent, échec de
signature) part uniquement dans les journaux du master, pour ne donner
aucun indice à un tiers qui sonderait l'endpoint.
- Le transport est le tableau de bord HTTPS du master (déjà exposé
publiquement, nginx + Let's Encrypt) : aucun nouveau port ni service à
ouvrir, et ça résout le problème d'oeuf-et-poule (un noeud ne peut pas
utiliser mTLS MQTT pour obtenir... son premier certificat mTLS).
### Étape par étape
Sur le **master** :
```sh
make join-token NODE=nom-du-noeud
```
Affiche le jeton en clair **une seule fois**, avec la commande complète à
lancer sur le nouveau noeud (jeton perdu : simplement en émettre un
nouveau, celui-ci reste valide indépendamment jusqu'à expiration).
Sur le **nouveau noeud** (déjà passé par `sudo make install` au
préalable) :
```sh
sudo make join MASTER=https://<domaine-du-master> NODE=nom-du-noeud TOKEN=<jeton>
sudo make install
```
Le second `make install` applique la configuration reçue
(`MQTT_MASTER_NODE_NAME` dans `.env`, certificat en place) et redémarre
les services.
### Ce qui se passe en coulisse
```
[nouveau noeud] [master]
génère clé + CSR (locale, jamais transmise)
POST /api/join/ {node_name, token, csr} ──►
vérifie le jeton (hash, expiration, usage unique)
vérifie le CN de la CSR == node_name
signe la CSR via la CA privée
ajoute l'entitlement ACL pour ce noeud
redémarre mosquitto
{cert, ca_cert} ◄────
écrit cert/ca_cert, met à jour .env
```
### Dépannage
- **"Jeton invalide ou expiré"** — le message est volontairement
générique. Causes possibles : jeton déjà utilisé (relancer
`make join-token` pour en émettre un nouveau), jeton expiré (durée par
défaut 1h, ajustable via `make join-token NODE=... TTL=<minutes>`), ou
faute de frappe dans le nom de noeud (doit être identique entre
l'émission du jeton et `make join`).
- Le nouveau noeud doit pouvoir joindre le master en HTTPS (443) — un
pare-feu qui bloquerait la sortie empêcherait l'auto-inscription.
## Bases de données
SQLite est le défaut, sans rien à configurer. Deux alternatives :
```sh
sudo make install-mariadb # provisionne un serveur MariaDB local + base/utilisateur dédiés
sudo make install # à relancer ensuite pour appliquer les migrations sur la nouvelle base
```
PostgreSQL est supporté côté configuration (`DB_ENGINE=postgresql` dans
`.env`, driver `emitter/requirements-postgresql.txt`) mais sans
sous-commande de provisionnement automatique pour l'instant — serveur et
base à créer manuellement avant de basculer `DB_ENGINE`.
Portage d'une base vers une autre (dump indépendant du moteur, via
`manage.py dumpdata`/`loaddata`) :
```sh
make dump-db # écrit emitter/db-dump-<date>.json (exclu de git, contient des données réelles)
# ... bascule DB_ENGINE, migrate ...
emitter/.venv/bin/python emitter/manage.py loaddata <fichier>.json
```
## Reverse proxy nginx + TLS public
```sh
sudo make install-nginx # lit DASHBOARD_DOMAIN dans .env
```
Obtient un certificat Let's Encrypt et déploie un vhost nginx devant le
tableau de bord (WebSocket inclus) — nécessaire pour un accès public ;
sans ça, le tableau de bord n'est accessible qu'en local/VPN.
## Alternative à systemd : supervisor
```sh
sudo make install-supervisor # bascule les 4 services de l'émetteur vers supervisor
sudo make uninstall-supervisor # retour arrière (réactive systemd)
```
## Mise à jour
```sh
git pull
sudo make install
```
Réapplique dépendances/migrations et redémarre les services concernés,
sur n'importe quel noeud (y compris le master).